Durée du congé paternité 2026 : ce que prévoit la loi
Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2021, le congé paternité d'accueil de l'enfant a été doublé, passant de 11 à 25 jours calendaires en naissance simple. Cette durée s'ajoute au congé de naissance de 3 jours à la charge de l'employeur, ce qui porte la durée totale d'absence à 28 jours (35 jours en cas de naissances multiples).
| Situation | Congé naissance (employeur) | Congé paternité (CPAM) | Total |
|---|---|---|---|
| Naissance simple | 3 jours | 25 jours calendaires | 28 jours |
| Naissances multiples | 3 jours | 32 jours calendaires | 35 jours |
| Période obligatoire | 3 jours | 4 jours | 7 jours obligatoires |
| Période fractionnable | — | 21 jours (28 en multiples) | 21 à 28 jours |
Les 7 premiers jours sont obligatoires et doivent être pris immédiatement après la naissance, sans interruption. Cette obligation a été introduite pour favoriser l'implication du second parent dès les premiers jours et lutter contre le « plafond de verre » dans la prise effective du congé. L'employeur ne peut s'y opposer et le salarié ne peut y renoncer.
Qui peut bénéficier du congé paternité ?
Le bénéfice du congé paternité n'est pas réservé au père biologique. L'article L1225-35 du Code du travail l'ouvre à toute personne ayant un lien avec le foyer de l'enfant :
- Le père biologique de l'enfant (qu'il vive ou non avec la mère)
- Le conjoint, partenaire de PACS ou concubin de la mère, même s'il n'est pas le père biologique
- La partenaire de même sexe de la mère (couples homosexuels féminins)
- L'adoptant dans le cadre d'une adoption (congé d'adoption distinct mais similaire)
Il faut être salarié au moment du congé (CDI, CDD, intérim, apprentissage). Les agents publics, fonctionnaires et travailleurs indépendants bénéficient de dispositifs équivalents avec leurs régimes spécifiques. Aucune condition d'ancienneté dans l'entreprise n'est exigée pour ouvrir le droit au congé lui-même.
Indemnités journalières CPAM : calcul et plafond 2026
Pendant le congé paternité, l'employeur n'a pas l'obligation de maintenir le salaire (sauf disposition conventionnelle plus favorable). En contrepartie, la CPAM verse des indemnités journalières (IJ) calculées selon les mêmes règles que les IJ maternité.
Le salaire journalier de base (SJB) correspond à la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois précédant le congé, divisée par 91,25. L'IJ versée correspond à ce SJB diminué de 21 % de cotisations sociales fictives (CSG/CRDS au taux réduit + cotisations).
Comme pour le congé maternité, il n'y a pas de jour de carence. Les IJ sont versées tous les 14 jours par virement. Elles sont imposables sur le revenu et soumises à CSG/CRDS au taux de 6,7 %. Le déclarant sur l'impôt 2027 indiquera donc les IJ paternité 2026 dans ses revenus salariaux.
Estimez précisément le montant de vos IJ CPAM selon votre salaire et votre situation.
Comment fractionner les 21 jours restants
Après les 7 jours obligatoires (3 jours employeur + 4 jours CPAM consécutifs), les 21 jours calendaires restants (28 en multiples) peuvent être pris :
- En une seule fois à la suite des 7 jours obligatoires (soit 28 jours d'affilée)
- En deux périodes distinctes d'au moins 5 jours chacune chacune
- Différé après reprise : reprendre le travail après les 7 jours, puis prendre les 21 jours plus tard
- Périodes plus courtes si un accord collectif d'entreprise le permet
Toute la période fractionnable doit être épuisée dans les 6 mois suivant la naissance de l'enfant. Au-delà, les jours non pris sont perdus. Le délai de 6 mois peut être prolongé en cas d'hospitalisation de l'enfant ou de décès de la mère.
Démarches : prévenir l'employeur et la CPAM
Le salarié doit prévenir son employeur au moins 1 mois avant le début du congé en précisant les dates de début et de fin. Aucune forme particulière n'est exigée, mais il est recommandé d'envoyer un courrier (LRAR ou remise en main propre contre décharge) pour conserver une preuve.
L'employeur ne peut refuser ni reporter le congé : il s'agit d'un droit. Il peut toutefois être consulté sur les modalités de fractionnement et l'organisation. À la naissance, transmettez à la CPAM une copie de l'acte de naissance et l'attestation employeur de la cessation d'activité pour déclencher le paiement des IJ.
Protection contre le licenciement
Comme la salariée enceinte, le salarié bénéficiant d'un congé paternité dispose d'une protection contre le licenciement pendant les 10 semaines suivant la naissance de l'enfant (article L1225-4-1). Cette protection est moins large que celle de la mère mais permet une certaine sécurité.
Pendant cette période de 10 semaines, le licenciement n'est possible que pour faute grave non liée au congé ou pour impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la paternité. Tout licenciement prononcé en violation de cette protection est nul et ouvre droit à réintégration ou indemnisation forfaitaire.
Maintien de salaire et conventions collectives
De nombreuses conventions collectives prévoient un maintien total ou partiel du salaire pendant le congé paternité, sous condition d'ancienneté (généralement 1 an). Dans ce cas, l'employeur complète les IJ CPAM via le mécanisme de la subrogation : le salarié continue de toucher son salaire intégral.
Les CCN les plus généreuses (Syntec, Banque, Assurance, Mutualité, Pharmacie) prévoient un maintien à 100 % du salaire net pour toute la durée du congé. D'autres ne prévoient aucun maintien ou seulement quelques jours supplémentaires. Consultez votre convention collective mentionnée sur votre bulletin de paie ou demandez le détail au service RH.
Vérifiez l'impact du congé paternité sur votre revenu net mensuel.